Traitement Hallux Valgus

Les traitements seront en fonction du cas clinique. Les différents critères de choix thérapeutiques seront en fonction :

  •  – des composants de la déformation
  •  – de la réductibilité
  •  – de la douleur
  •  – de la gêne fonctionnelle
  •  – de la gêne esthétique de la pathologie

Le traitement pédicural :

Le soin présente un rôle important car il permet d’apporter :

  1. une hygiène au pied
  2. un suivi de l’évolution des déformations
  3. un soin des hyperkératoses consécutives aux conflits avec le chaussant
  4. Ce soin permet parfois un soulagement suffisant dans les formes peu évoluées.

Les traitements orthétiques

Plusieurs moyens orthétiques peuvent être employés : les contentions nocturnes, les orthoplasties et les orthèses plantaires.

1. Les contentions nocturnes

Ce sont des appareillages de posture de l’AMTP1 qui peuvent plus ou moins corriger la déformation en fonction du degré de réductibilité. Ces contentions sont indiquées quand l’HV est douloureux à caractère nocturne (douleurs capsulo-ligamentaires).

En fait, on ne traite pas la cause, ce sont plutôt des appareillages antalgiques qui auront pour but de limiter la déformation aggravante en empêchant les rétractions capsulo-ligamentaires.

Il existe deux grands types de contentions :

  1. Le prêt-à-porter, vendu en pharmacie (non adapté à la déformation).
  2. Le sur-mesure, fait en matériaux thermoplastiques ou en polysar.

2. Les contentions diurnes ou orthoplasties

Ce sont des contentions mécaniques qui tiennent compte de la réductibilité de la déformation et du chaussant. On peut utiliser deux types d’orthoplasties :

  1. Les orthoplasties correctrices : correction de l’hallux-abductus avec un écarteur qui va diminuer les contraintes de l’articulation méta-tarso phalangienne du premier orteil en réaxant les tendons péri-articulaires et, diminuer le processus évolutif de la pathologie.
  2. Les orthoplasties protectrices :  –   protection de l’exostose ; protection des lésions liées aux déformations indirectes à type de griffes d’orteil, de supra ou infra-ductus.

L’exostose de la première tête métatarsienne rentre en conflit avec la chaussure. La bourse séreuse s’enflamme et provoque une vive douleur.

3. Les orthèses unguéales

Elles traitent les dysmorphies unguéales au niveau du gros orteil qui sont une des conséquences de l’hallux valgus, principalement de la rotation interne. On utilisera des agrafes classiques en fil dentaire métallique ou mieux, des fils de titane.

4. Les orthèses plantaires

Elles ont plusieurs objectifs :

  • soulager les douleurs
  • diminuer l’évolution de la pathologie
  • traiter les troubles statiques associés

La conception de l’orthèse plantaire passe, pour ce qui est du choix des éléments, par une réflexion pour chaque phase de la marche, sur les possibilités de modifier les différents défauts de fonctionnement du pied d’après les points principaux de l’analyse.

L’orthèse est conçue en trois parties :

  1. des éléments postérieurs pour agir sur l’arrière-pied, pour la réception ;
  2. des éléments moyens pour agir sur le médio-pied, pour l’appui unipodal ;
  3. des éléments antérieurs pour agir sur l’avant-pied, pour la propulsion.

Chaque élément peut avoir une action principale dans sa partie et des actions secondaires sur les autres parties.

En phase d’appui unipodal, il serait intéressant de pouvoir réduire l’adduction du premier métatarsien, l’abduction du gros orteil, ainsi que son valgus.

Du fait de l’exostose interne de la tête du premier métatarsien qui, de plus, peut être le siège d’une douleur conflictuelle par rapport à la chaussure, il est impossible d’imaginer placer quoi que ce soit à cet endroit pour lutter contre l’adduction. Certains ont proposé la mise en place d’une bande élastique enserrant l’ensemble des métatarsiens et posée en arrière de l’exostose. Cette solution paraît satisfaisante, excepté l’effet de garrot qui pourrait s’ensuivre. Il est possible de proposer un élément médio-tarsien moulé, qui, augmentant la surface d’appui du pied, diminue l’intensité des hyperpressions au niveau du tarse antérieur. Cet élément en forme de voûte plantaire, remonte sur le bord interne du pied le long du premier métatarsien, jusqu’en arrière de sa tête. C’est par l’intermédiaire du bord interne de la chaussure que cet élément repoussera en abduction le premier métatarsien. Pour des raisons d’encombrement, le gain dans l’abduction ne sera que de 4 à 5 mm au maximum et à condition que le bord interne de la chaussure soit suffisamment rigide.

Pour ce qui est du gros orteil, l’orthèse plantaire n’offre pas à ma connaissance d’élément capable d’en réduire l’abduction. Un élément supinateur en plan incliné ouvert en dedans placé sous le gros orteil et sous toute sa longueur peut “théoriquement” lutter contre son valgus, mais a aussi de grandes chances d’en augmenter l’abduction, voire le durillon inter-phalangien interne par effet d’opposition.

En phase de propulsion, le but serait de lutter contre la position “haute” de la tête du premier métatarsien responsable de l’hyper-appui médian de l’avant- pied.

Là aussi, aucun élément d’orthèse ne peut provoquer la flexion plantaire du premier métatarsien, redonnant à l’articulation métatarso-phalangienne toute sa valeur fonctionnelle à ce stade de la marche, surtout lorsqu’il existe un rigidus à ce niveau.

Un élément plat, placé sous la tête du premier métatarsien, se prolongeant en plan incliné jusqu’à l’articulation inter-phalangienne du gros orteil, sera de nature à rétablir le contact avec la surface d’appui et redonner une valeur fonctionnelle au premier rayon sans solliciter la flexion de l’articulation métatarso-phalangienne au risque de provoquer la douleur.

Toutefois, cet élément peut être contre-indiqué dans le cas douloureux du durillon sésamoïdien.

Pour l’élément de l’arrière pied, il faudra réaliser un examen biomécanique pour déterminé sa hauteur et sa fonction.

  • 5. Conseils sur le chaussage

Comment choisir une chaussure adaptée?

Une bonne chaussure doit être souple et légère tout en cuir et qui doit être antidérapante et épaisse. Les lacets doivent maintenir le pied sans trop être serrés pour ne pas paralyser le cou-de-pied et permettre une bonne circulation sanguine. Une paire élastiquée ou fermée par scratchs peut aussi bien encadrer le pied.

Lors de l’achat d’une paire de chaussures, vous devez vous trouver tout de suite bien dedans. De préférence, acheter les chaussures en fin de journée, lorsque les pieds ont augmenté de volume et s’étendent un peu, ce qui peut expliquer une demi-pointure supplémentaire par rapport à la taille habituelle.

Les zones importantes de la chaussures?

-1- La zone d’appui du talon à l’intérieur de la chaussure doit être horizontale. Si elle est inclinée comme le reste de la semelle, le pied glisse vers l’avant, un effet toboggan très mauvais

-2- Le talon a une hauteur de 20 à 25 mm pour les hommes et de 30 à 35 mm pour les femmes (plus haut ou plus bas il déséquilibre la marche). Ne faites pas des escarpins à talons aiguille un moyen de locomotion.

-3- La semelle doit être assez large pour supporter tout l’avant-pied. Mesurez sa plus grande largeur sur un carton, et servez-vous en lors de vos achats; une semelle plus étroite de 5-8 mm est acceptable.

-4- L’avant-pied ne doit pas être trop serré, pour éviter le frottement des parois internes sur les orteils et diminuer ainsi le risque de blessure et d’infection mycosique. Le bord interne de la chaussure doit être rectiligne, et non obliquer vers la pointe: capital surtout pour la personne qui a le pied égyptien ( le gros orteil aussi long que les autres).

-5-Un bout pointu… Pourquoi pas, à condition qu’il vienne en plus de la longueur du pied. Les orteils ne doivent pas être compressés.

Comment éviter les traumatismes et les douleurs dans les chaussures?

Pour atténuer les chocs, le modèle de chaussure doit comporter une semelle en cuir ou crêpe souple et épaisse avec un petit relief cranté pour plus d’adhérence. Evitez l’élastomère, qui échauffe, ou les semelles compensées, souvent à l’origine d’entorses. Exemple: les sabots, trop rigides, dans lesquels les pieds ne peuvent se dérouler correctement. Autre détail: la tige (partie à l’arrière du pied, au dessus du talon) et le contrefort ne doivent pas créer d’à-coups au niveau du tendon d’Achille sous peine de générer des tendinites. De plus la largeur de l’avant de la chaussure, doit être adapté à la largeur de l’avant pied, pour éviter toutes contraintes d’écrasement dans la chaussure.

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